Simon Kitson's

 

 

VICHY WEB

 

Vichy Police

 

 

This page presents some information on this subject. It is currently divided into the following sections, (although there are plans to develop it further over time):

 

DOCUMENTS

Extract from anonymous letter to Pétain, denouncing Police state

Admiral Bard takes up his functions as Prefect of Police

Note concerning the Prefecture of Police

Note concerning police action against Free-Masons

Extract from monthly report of the Prefecture of Police, July 1941

Extract from monthly report of the Prefecture of Police, August 1941

BCRA document concerning police opinion

BCRA document concerning recruitment of extremists to police

Police instructions for Vél d'Hiv round-ups

Resistance report about police attitude to collaboration, July 1942

1943 resistance tract addressed to civil servants,  police officers and gendarmes

Letter from Darnand concerning the arrest of senior police officials

Percentage of Police officers given over to static guard duty

POLICE MEMORY

Robert Mattei, Commissaire de la Section des Affaires Politiques, Marseille

HISTORIANS' INTERPRETATIONS

John F Sweets on anti-communist repression, 1939-41

Jean-Marc Berlière on the police and anti-semitic policies

Julian Jackson on Police loyalty and disaffection

Robert Zaretsky writing on the Nîmes Police

BIBLIOGRAPHIES

Bibliography of repression and policing in Europe, 1936-45

Bibliography of policing, repression and criminality in Marseille, 1936-45

Bibliography of espionage and counter-espionage during WW2

 

Any suggestions on improvements or supplements to this page will be gratefully received at s.k.kitson@bham.ac.uk

 

DOCUMENTS

 

EXTRACT FROM ANONYMOUS LETTER TO PETAIN

Archives Nationales 2AG/618, Lettre ‘d’un Français 100%’, Marseille, avril 1941au Maréchal Pétain,

In this extract the anonymous writer, who signs as a 'Français 100%' complains to Pétain about the Police state atmosphere which exists under his regime and the brutalities committed against foreign Jews

The rest of the letter can be seen in http://artsweb.bham.ac.uk/vichy/opinion.htm

 

(....) Voilà la France qui à son tour s’abaisse à traiter des hommes comme du bétail; ici à Marseille des policiers prennent plaisir à malmener des étrangers qui n’ont commis aucun délit, que celui d’aimer la France; je connais de pauvres Juifs qui ont déjà vu leurs biens confisqués dans leur pays natal, chassés et traités, comme on ne traite pas des chiens, et qui ici se voient menés au commissariat où on les a roués de coups sous des prétextes absurdes. Un jeune Belge israélite qui en Belgique avait fait plus que son devoir et avait même accompli des missions extrêmement dangereuses, m’a raconté comment il a été reçu, maltraité et injurié par un adjoint du capitaine du port, dont il avait besoin du visa pour la sortie. J’ai appris que plus que jamais la prévarication sévit d’une façon monstruese, partout auprès des autorités occupantes et des autorités françaises avec des milliers de francs on obtient tout ce qu’on veut. Le fonctionnaire est roi et il y a des marchés noirs pour les passeports, les permis, les certificats, comme pour les vivres. Même chez les ‘valeureux compagnons’ il règne une mentalité plus que douteuse; ceux qui les emploient les payent ou les nourissent si mal, qu’ils vont voler et piller le soir un peu partout.

Dans les petites villes beaucoup de légionnaires agissent aussi en maîtres et cherchent à organiser la délation et l’espionnage, même quelque fois dans leurs propres familles. Je ne vois pas du tout avec ces moeurs revenir la discipline et l’esprit de famille. (....)

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Archives Nationales [AN] 2AG 520 CC 104 A

[Note figurant dans les papiers du chef de l'Etat, sans indication d'expéditeur ni de destinataire]

Vichy, le 21/5/41 " Note: Urgence-très importante"

L'Amiral Bard doit rejoindre dans quelque cinq ou six jours Paris et y prendre possession de son poste. Il semble bien que personne n'ait posé avec lui le véritable problème de la Préfecture de Police.

La Préfecture de Police a acquis depuis 1870, une autonomie absolument totale. Elle recrute elle-même ses Commissaires et Inspecteurs; elle décide de l'avancement de son personnel; elle soutient son budget, qui est approuvé toutes les fois sans aucune contestation; elle achète ses armes; elle organise ses services sans que l'Intérieur n'ait jamais pu exercer aucun contrôle sur elle.

Elle constitue en France une Police Spéciale complètement indépendante et beaucoup mieux équipée et organisée que la Sûreté Nationale (fonctionnaires très payés, crédits quasi illimités). Elle passe pour être une des organisations policières les plus fortes d'Europe.

Tous les Ministres de l'Intérieur ont déclaré successivement qu'il était impossible de faire rentrer la Préfecture de Police sous la coupe normale du Ministre de l'Intérieur. La chose ne pouvait se faire qu'à l'occasion de l'installation d'un Préfet de Police, dévoué au Gouvernement; or, M.Bard va partir sans (je crois) avoir reçu d'instructions en ce sens.

La réintégration de la Préfecture de Police dans l'Etat Français ne peut se faire que par la suppression du recrutement autonome de la Préfecture de Police et la suppression de son autonomie financière.

Les nominations de Commissaires et Inspecteurs devraient être faites par arrêtés de l'Intérieur. Les fonctionnaires devraient sortir de l'Ecole de Police, comme les autres policiers de France vont en sortir. Les crédits devraient être distribués par le Ministre de l'Intérieur, comme ils le sont pour toutes les autres Préfectures de France.

Si l'occasion de l'installation de M.Bard n'est pas saisie, en huit ou 15 jours, l'Amiral Bard deviendra, comme l'ont été ses prédécesseurs, l'homme de ses collaborateurs. Il fera savoir, comme l'ont fait savoir de nombreux Préfets de Police avant lui, qu'il ne saurait être question de considérer la Police parisienne comme une police relevant du Ministre de l'Intérieur. Il sera soutenu et conseillé par les Directeurs de la Préfecture de Police (Jacques SIMON, surtout, chef des Renseignements Généraux de Paris). Il aura comme Secrétaire Général M.Révillod, ancien et fidèle collaborateur des Sarraut. Il subira l'influence des collaborateurs de Marchand, dont certains se sont ralliés complètement aux Autorités allemandes.

Il faudrait que le Maréchal, d'accord avec l'Amiral Darlan, demande à l'Amiral Bard de se vouer courageusement à la solution de ce problème, d'une gravité exceptionnelle dans l'Etat Français.

Actuellement, si le gouvernement rentrait à Paris, il apprendrait très vite ce qu'est la police parisienne.

 

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Archives Nationales [AN] 2AG 520 CC 104 A

[Note figurant dans les papiers du chef de l'Etat, sans date ni indication d'expéditeur ou de destinataire]

"Note sur la Préfecture de Police"

 

[....] La Préfecture de Police s'est maintenue à travers tous les régimes parce qu'elle répondait à des besoins permanents. Elle y a toujours satisfait sans défaillance. Son passé tout entier plaide en faveur de son maintien. Et l'ensemble de l'édifice doit rester intact, car il forme un bloc indissoluble;

Tout projet d'unification de la police par la fusion de la Sûreté Nationale et de la Préfecture de Police soulève donc de nombreuses objections de principe. [...].

La fusion peut paraître fort simple dans la pratique, les fonctionnaires de la Sûreté Nationale et de la Préfecture de Police ayant théoriquement les mêmes attributions. Mais, à la vérité, ils n'ont guère de commun que le titre et on ne saurait faire entre eux aucune assimilation. Les mêmes appellations s'appliquent à des fonctionnaires dont le recrutement, la formation, les fonctions même, sont plus ou moins différentes. [...].

Les Commissaires de Police de la Sûreté Nationale sont issus, partie de candidats au titre civil, partie de candidats au titre des emplois réservés. Le concours de Commissaire est ouvert, sans aucune condition de connaissances professionnelles, aux personnes étrangères à l'administration. [...].

Le Commissaire de Police de la Préfecture de Police sont tous issus de l'administration elle-même. Le concours donnant accès à ces fonctions n'est pas accessible aux candidats venant de l'extérieur. Dans la pratique, seuls s'y présentent les Secrétaires de Commissariats recrutés par voie d'un précédent concours, de qui un minimum d'années de service ayant varié de 5 à 7 ans est exigé. En fait, les Secrétaires ont le plus souvent 8 ou 10 années d'exercice de leurs fonctions, parfois plus, et l'âge moyen d'accession au grade de Commissaire de Police est à la Préfecture de Police de 35 ans au moins.

La Sûreté Nationale a si bien reconnu la valeur de cette formation de Secrétaires de Commissariat de la Préfecture de Police qu'elle leur a réservé un traitement de faveur et les a admis, pendant longtemps, sans concours, en qualité de Commissaire de Police. [....]

A la Préfecture de Police, les Secrétaires de Commissariat sont recrutés, dans la proportion de 4/5 au concours. On exige des candidats des connaissances juridiques du niveau de la licence en droit et ce concours est équivalent à celui de Commissaire de Police à la Sûreté Nationale.

Là, où il en existe à la Sûreté Nationale, les Secrétaires de Commissariat sont des fonctionnaires de Police Municipale, revêtus de ce titre sans avoir subi aucune épreuve préalable- souvent de simples agents de police ou Inspecteurs, ou choisis d'après des règles fort variables.

En dépit du titre, aucun analogie ne saurait être faite entre ces deux catégories de fonctionnaires; les premiers sont assimilables à des rédacteurs, les autres à des commis. Les Secrétaires de Commissariat sont soumis à la Préfecture de Police à une éducation professionnelle complète, ils n'en reçoivent aucune à la Sûreté Nationale.

Si l'on considère maintenant les Inspecteurs, on constate qu'ils sont tous issus, à la Préfecture de Police, d'une sélection. L'emploi n'est accessible- sous réserve des dispositions relatives aux "emplois réservés"- qu'à des fonctionnaires appartenant déjà à la Préfecture de Police, Gardiens de la Paix, en principe. Le nombre des candidats atteint et souvent dépasse un millier, il n'en est guère pris qu'un sur dix ou douze en moyenne. [...].

A la Sûreté Nationale, le recrutement des Inspecteurs est différent suivant qu'il s'agit de Police Spéciale ou Mobile, ou de Police Municipale. La sélection est beaucoup moins sévère, l'instruction professionnelle beaucoup moins développé et les grades ne correspondent point à une fonction déterminée. Ainsi, l'on trouve des Inspecteurs-principaux chauffeurs, malgré quoi ils ont parfois la qualité d'OPJ, qui ne paraît pourtant pas indispensable à l'emploi de chauffeur d'automobile.

[...].

Les Gardiens de la Paix [...] sont recrutés à la Préfecture de Police parmi de très nombreux candidats, suivant des règles strictes et soumis à un examen préalable. Une instruction professionnelle étendue leur est donnée lors de leur entrée à l'administration, l'Ecole de Gardiens de la Paix étant encore une institution particulière à la Préfecture de Police. [...]. Ainsi a-t-on pu former un corps homogène, instruit de son métier et bien encadré.

A la Sûreté Nationale, le recrutement est fait suivant des règles fort variables selon les municipalités; il ne remplit aucune des conditions ci-dessus et ne supporte pas la comparaison.

 

 

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Archives Nationales [AN] 2AG 520 CC 104 A

[Note figurant dans les papiers du chef de l'Etat, sans indication d'expéditeur ni de destinataire]

 

1/6/41

Note au sujet de l'action menée à la Préfecture de Police par des fonctionnaires, encore en place, et ayant appartenu à la franc-maçonnerie

[renseignements recueillis de source des plus sérieuses]

Le personnel de la Préfecture de Police, très nombreux, est nettement distinct de celui de la Police Nationale, notamment en ce qui concerne son recrutement, son avancement et ses traitements, ceux-ci étant très supérieurs à ceux alloués aux fonctionnaires de la Police Nationale et ce, à tous les échelons ou grades.

Trois directions principales constituent les services actifs de cette administration.

(a) La Direction de la Police Judiciaire.

(b) La Direction des RG.

(c) La Direction Générale de la Police Municipale.

La Préfecture de Police a toujours bénéficier d'un régime spécial qui, en fait, accorde à cet organisme, une autonomie quasi-complète. En effet, la Préfecture de Police est absolument maître de sa Préfecture, et comme tel, peut nommer, au choix, des fonctionnaires à des postes supérieures.

D'autre part un véritable esprit de corps unit étroitement agents, gradés, Inspecteurs, secrétaires, Commissaires et Commissaires Divisionnaires, formant en quelque sorte, une franc-maçonnerie professionnelle contre laquelle il est des plus difficile à lutter.

Il faut ajouter que de très nombreux fonctionnaires de la Préfecture de Police ont appartenu à la franc-maçonnerie et qu'un très grand nombre de ces agents ont obtenu, ainsi, des avancements rapides. Enfin, notamment dans le cadre du corps des Gardiens de la Paix, l'influence néfaste du Gouvernement dit du Front Populaire, se fait encore sentir.

Etat d'esprit général

Actuellement dans les propres locaux de la Préfecture de Police, Caserne de la Cité, les émissions radiophoniques anglaises sont reçues et écoutées. Certains tracts lancés par la propagande anglaise sont recopiés dans ces mêmes locaux à l'aide des machines à écrire et parfois ronéoscopiés. On a donc en droit d'écrire qu'un sentiment nettement anglophile demeure parmi de nombreux fonctionnaires de la Préfecture de Police. Cet état d'esprit ainsi que les actes dont il vient d'être parlé présentent en les circonstances actuelles un réel danger mais, encore, combattent les directives et la politique du gouvernement du Maréchal Pétain et du vice-président du Conseil, l'Amiral Darlan.

Il est donc permis de supposer, sans risquer beaucoup de se tromper que la répression des menées anti-nationales, gaullistes ou communistes, n'est pas menée avec toute la vigueur désirable.

Renseignements Généraux

Ce service est avec celui de la Police Judiciaire un des plus importants, sinon le plus, de la Préfecture de Police. En effet, il n'échappera pas, que la Direction des Renseignements Généraux étant donné l'importance de sa compétence, Paris et département de la Seine, est à même de surveiller les activités politiques de son ressort et de renseigner, au mieux, le Gouvernement, sur l'action de ces groupements.

Or, en les circonstances douloureuses et spéciales que traversent notre pays et en raison même de la politique de redressement national et de collaboration Franco-Allemande, suivie par le chef de l'Etat Français, il importe, essentiellement, que tous les fonctionnaires attachés à cette direction apportent dans leurs fonctions, une compétence complète doublée d'une objectivité et impartialité totales et d'un dévouement absolu à la politique du Maréchal Pétain et de ses collaborateurs.

Directeur des Renseignements Généraux

M. Simon, qui se nommerait en réalité Simonovitch (la preuve n'a pas été encore apportée), serait d'origine israélite, malgré qu'il s'en défende. M. Simon a été un précieux collaborateur des différents gouvernements de Front Populaire.

La soeur de M. Simon, prénommée Odette, est inscrite au Barreau de la Seine. Elle est réputée, au Palais, pour être l'avocat des Juifs.

Un ancien collaborateur de M. Simon, M.Baillet, aujourd'hui 40 ans, Commissaire Divisionnaire, a été également très dévoué aux gouvernements Blum, Chautemps et Daladier.

Alors qu'il était aux RG, M. Baillet assurait une liaison constante avec les services de la Gestapo à Paris.

Il y a lieu d'indiquer le fait suivant concernant M.Simon.

Lorsque des étrangers arrivent à Paris, venant clandestinement de la zone libre, ils se présentent dans le Commissariat de Police ou au service des étrangers de la Préfecture (qui relève des Renseignements Généraux) pour effectuer leur changement de domicile. Automatiquement la fiche établie est demandée et communiquée à M.Simon lequel, à son tour, en donne communication aux autorités allemandes. Peut-être est-ce ainsi un des moyens qui a servi à ce Directeur à conserver son poste? En effet, à une certaine époque sa présence à la tête de ce service était loin de satisfaire les autorités allemandes.

Fonctionnaires Francs-Maçons ou sympathisants

Philippe, ancien Commissaire de Police, actuellement sous-directeur de la Police Municipale, est allé, tout dernièrement, se "confesser" auprès du chanoine de Notre Dame de Paris auquel il aurait manifesté "son regret d'avoir été franc-maçon". S'agit-il d'un repentir sincère ou d'une confession de circonstance? Il semblerait que la dernière hypothèse soit la bonne.

M. Priolet, franc-maçon notoire est en place et son action passée dans cette association secrète ne peut rien faire présager de bon pour l'avenir.

M.Nicolle, ancien Commissaire de Police (affaire Almazian, époque où Bénoît, Directeur de la Police Judiciaire, et Franc-maçon était en fonction) est actuellement à la tête de la Défense Passive à Paris.

Les Commissaires de Police des Renseignements Généraux Louit et Luce sont indiqués comme pouvant avoir appartenu à la Franc-maçonnerie.

M.Meyer, ancien Directeur de la Police Judiciaire, actuellement à la tête de la Police Municipale, est signalé comme Franc-maçon.

M.Dallier, chef du personnel à la Préfecture de Police est un opportuniste. Sa place au cabinet du Préfet de Police ne paraît pas s'imposer.

 

Des renseignements complémentaires seront à même d'être recueillis d'ici quelque temps, (de 15 à 20 jours), sur l'activité passée et présente de certains fonctionnaires. Il importe donc, quant à présent, dans l'intérêt national qu'une sévère épuration ait lieu dans cette grande maison qu'est la Préfecture de Police, où la politique du Front Populaire et la franc-maçonnerie ont laissé des hommes dévoués.

 

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Archives Nationales [AN] 2AG 520 CC 104 H

1/7/41

Préfecture de Police

Le Préfet de Police (Bard) à M.L'Amiral de la Flotte, Ministre, Secrétaire d'Etat à l'Intérieur

RAPPORT MENSUEL

 

III-Activité communiste

[...] certes, la répression policière s'accentue parallèlement ainsi qu'en font foi les rapports statistiques qui vous ont été communiqués, mais il est indispensable de rappeler que la contre propagande qui serait absolument nécessaire est pratiquement insuffisante. [...].

D'autre part, il est à signaler que la répression judiciaire ne s'exerce pas avec la même rigueur que la répression policière. Le décret du 26/9/39 réprimant les menées communistes prévoit bien des peines d'emprisonnement d'un an à cinq ans, mais pratiquement, depuis l'occupation, le tribunal prononce généralement des peines de quatre, six ou huit mois de prison, souvent même avec bénéfice du sursis. [...].

Les responsables communistes s'attachent principalement à reprendre en main les syndicats encore incertains de leurs moyens d'existence et d'action, désorientés ou irrités par l'attente d'une charte du travail sans cesse annoncée et sans cesse retardée et qu'ils ne croient pas devoir leur être favorable. [...].

VI-Conclusion

Pour me résumer, si j'ai dit au début de ce rapport que l'état d'esprit de la population parisienne était fonction de misères matérielles et morales très grandes, je crois pouvoir affirmer qu'elle souffre beaucoup plus encore de ne pouvoir extérioriser son patriotisme.

Personne ne peut échapper au poids qui pèse sur les coeurs quand on traverse le Paris d'aujourd'hui, sans drapeaux, sans soldats, sans marseillaise.

Je reste persuadé que toute cette foule est prête à la première occasion à donner le témoignage de son amour de la France que personnifie toujours pour elle le Maréchal.

 

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2AG 520 CC 104 H

31/8/41

Préfecture de Police

Le Préfet de Police (Bard) à M.L'Amiral de la Flotte, Ministre, Secrétaire d'Etat à l'Intérieur

RAPPORT MENSUEL

III-Activité communiste

[...].

Par ailleurs, une action importante a été envisagée au sein même de la police. Il est notamment recommandé aux propagandistes de faire porter tout leur effort pour propager parmi les Gardiens de la Paix et les Inspecteurs des mots d'ordre susceptibles de provoquer un ralentissement de leur zèle dans l'accomplissement de leur tâche. C'est ainsi que tout en faisant remarquer aux intéressés l'odieux de la collaboration, même forcée avec l'envahisseur, on cherche surtout à exploiter parmi les policiers la lassitude qui pourrait résulter de l'accroissement de leur tâche, du renforcement de la discipline et des sanctions, de la subordination aux troupes d'occupation et surtout de l'avilissement de leur situation matérielle, eu égard au coût toujours plus élevé de la vie.

L'annonce par vos soins d'une amélioration de cette situation est venue très heureusement détruire le principal argument de la propagande communiste. Il serait toutefois particulièrement désirable que cet heureux effet ne soit pas annihilé par de trop longs délais d'exécution.

 

V-Conclusion

[...].

J'ai quelque fierté à souligner qu'en l'absence de tout rayonnement possible sur la population parisienne pour la guider et la soutenir, presque seule la police a su rester très calme et donner, parmi des difficultés sans nombre, l'exemple de la volonté dans le travail et d'esprit de discipline. Je crois pouvoir dire que c'est en partie grâce à son action énergique que la population n'a eu à souffrir d'aucune représaille matérielle ou morale de la part des Autorités allemandes. Continuellement sollicitée par celles-ci, soit à l'occasion des divers incidents qui se sont produits, soit pour participer aux opérations et perquisitions décidées par la police allemande, elle a su, dans des circonstances particulièrement délicates, donner aux occupants des gages suffisants de sa bonne volonté sans pour cela heurter une opinion sur ce point très sensible.

J'exprimais dans mon précédent rapport l'intention de faire de la Préfecture de Police le môle solide sur lequel la population désemparée pourrait venir s'appuyer. Les circonstances m'ont malheureusement permis de prendre dès maintenant la mesure de sa solidité actuelle. Sans doute elle n'est pas totale mais elle répond à tous les espoirs et je m'emploie de toute mon énergie à la consolider chaque jour davantage et, autant que me le permettent les préoccupations de chaque jour, à l'étendre et à embellir de façon à la rendre capable de supporter les nouveaux assauts que nous ne manquerons pas de subir.

 

 

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Archives Nationales [AN] 3AG/2/333  

(documents du BCRA)

Info du 27/11/41

Source: 984/R; Valeur: Assez bonne; zone libre

Administration française

L'administration française serait assez peu collaborationniste. Plus exactement, les hauts fonctionnaires, dont beaucoup ont été changés, seraient disposés à exécuter les instructions du gouvernement de Vichy, mais il règne un esprit de non-conformisme parmi les petits et moyens fonctionnaires.

L'informateur qui connaîtrait personnellement des Inspecteurs de la Sûreté Générale, et se serait entretenu avec eux à Vichy en juillet dernier, prétend qu'un grand nombre d'eux sont gaullisants. Certains même seraient désireux de partir pour rejoindre les FFL, mais se résigneraient à demeurer dans leur emploi, devant la difficulté de concrétiser une possibilité d'évasion. (L'informateur insiste sur la sincérité de leurs sentiments, qui lui ont été confiés en toute franchise et en toute sympathie).

 

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Archives Nationales [AN] 3AG/2/333

décembre 1941

Source: 681-R, valeur: bonne

[...].

La police, qui est en très grand nombre, est surtout recrutée parmi les sous-officiers en congé d'armistice.

Parmi eux il se trouve beaucoup de jeunes des mouvements soi-disant de droite (doriotistes).

 

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Instructions de M. Hennequin, directeur de la police municipale, aux agents de police lors de la Rafle du Vél' d'Hiv' Paris, 16-17 juillet 1942
In July 1942, the Parisian police participated in the mass arrests of Jews in the Paris region. They were then hearded into the 'Vél d'Hiv' sports stadium before being handed over to the Nazis for deportation
source: http://perso.wanadoo.fr/d-d.natanson/hennequin.htm
« 1. Les gardiens et inspecteurs, après avoir vérifié l'identité des Juifs qu'ils ont mission d'arrêter, n'ont pas à discuter les différentes observations qui peuvent être formulées par eux [...]
2. Ils n'ont pas à discuter non plus sur l'état de santé. Tout Juif à arrêter doit être conduit au Centre primaire.
3. Les agents chargés de l'arrestation s'assurent lorsque tous les occupants du logement sont à emmener, que les compteurs à gaz, de l'électricité et de l'eau sont bien fermés. les animaux sont confiés au concierge. [...]
7. [...] Les opérations doivent être effectuées avec le maximun de rapidité, sans paroles inutiles et sans aucun commentaire.
8. Les gardiens et inspecteurs chargés de l'arrestation rempliront les mentions figurant au dos de chacune des fiches :
  • Indication de l'arrondisement ou de la circonscription du lieu d'arrestation ;
  • « Arrêté par », en indiquant les noms et services de chacun des gardiens et inspecteurs ayant opéré l'arrestation ;
  • Le nom de la personne à qui les clés auront été remises ;
  • Au cas de non-arrestation seulement de l'individu mentionné sur la fiche, les raisons pour lesquelles elle n'a pu être faite et tous renseignements succints utiles ;
    Et selon le tableau ci-après :
SERVICE :
Agents capteurs :
Nom..............................................
Nom..............................................
Service..............................................
Service..............................................
Clés remises à M. ..............................................
No ..............................................
rue ..............................................
Renseignements en cas de non-arrestation
Paris, le 12 juillet 1942
Le Directeur de la Police Municipale
Signé HENNEQUIN
 
 
 

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Resistance document concerning the Police and collaboration, July 1942

Archives Nationales 72AJ 1912

The following document entitled 'La police et la collaboration' was an internal resistance  report signed by 'Paul Vandeuil' (dated 10 July 1942). It was intercepted by the Police. Obviously the percentages quoted need to be treated with extreme caution- they are not based on Scientifically gathered samples and the term 'gaullist' is open to widely different interpretations. Claude Bourdet, of the Noyautage des Administrations Publiques network, once commented sarcastically that he was always receiving reports claiming that only 2% of the police was favourable to collaboration but that when he personally had  dealings with the police he always seemed to be confronted by those 2%. 

Il est incontestable que le souffle de la collaboration passe depuis l'arrivée de LAVAL au Gouvernement, dans l'élément directeur de la Police Nationale. Il est reconnu que le personnel de la Police, qu'elle soit judiciaire ou spéciale, est composée dans sa grande majorité d'éléments hostiles à la collaboration. L'on peut même affirmer que 65% des policiers sont franchement gaullistes ou tout au moins anglophiles, que 30% souhaitent une victoire anglo-américaine, sans cependant avoir de trop tendres sentiments pour les anglais; les derniers 5% étant partisans d'une collaboration avec les puissances de l'Axe et principalement l'Allemagne.

Les services de Police qui, en zone occupée, se trouvaient placés sous le contrôle et la surveillance des autorités occupantes, ont perdu le peu de liberté qui leur restait à la suite de la décision prise le 28 mai 1942 par le Général d'Infanterie Von STULPNAGEL.
Par la nouvelle mesure, il est décidé qu'à partir du 1er juin 1942, toutes les forces de police seront dorénavant placées entre les mains de la puissance occupante, et cela dans tous les domaines.

La zone libre, semble vouloir depuis peu rattraper le temps perdu et s'engager dans la voie de la collaboration.

Des ordres, émanant du Secrétariat Général pour la police au ministère de l'Intérieur, ont été donnés pour que la lutte contre le gaullisme et d'une façon plus générale contre tout ce qui est anti-collaboration, soit renforcée.

La Police Judiciaire, qui quoiqu'ayant dans ses attributions et au même titre que d'autres services, tels les Renseignements Généraux et la Surveillance du Territoire, la répression des menées dites anti-nationales, n'agissait que mollement, examine actuellement les dossiers classés sous le précédent ministère.

Elle reprend ainsi certaines affaires gaullistes mettant en cause des personnages assez marquants.

Les sections plus spécialement chargés de ce service, ont vu leurs effectifs renforcés et ont reçu des instructions précises.

Par ailleurs la direction des Renseignements Généraux et encore plus la Surveillance du Territoire sont devenues suspects et sont soumises, depuis le début de juillet à un contrôle de la Police Judiciaire.

Ce fait anormal et qui a vu les services intéressés s'insurger, est assez symptomatique et montre dans quelle voie bien déterminée, s'engage le gouvernement actuel du Pays.

Il faut incontestablement s'attendre à ce que les gaullistes, les communistes, et tout ce qui les approche de près ou de loin, soient pourchassés avec une ardeur accrue.

De cette tendance, il faut retenir toutefois, qu'elle est dirigée surtout contre le mouvement gaulliste qui jusqu'à présent a bénéficié de la part de la police, des tribunaux et du gouvernement même, d'un traitement spécial.

Les fonctionnaires qui par maladresses ou négligence auront 'saboté' une affaire gaulliste, feront à l'avenir l'objet de sanctions sévères.

S'il est vrai que beaucoup de policiers, fidèles à leurs idées, persisteront dans leur attitude faite d'inertie ou de passivité, il n'en reste pas moins que certains, devant la position nettement prises par les dirigeants et notamment par m BUFFET, Inspecteur Général de la Police Judiciaire, n'hésiteront pas à exécuter strictement les ordres reçus.

Il semble que des représentations qui seraient faites par les USA pourraient seules, arrêter le Gouvernement français sur le chemin qu'il a délibérément choisi.

Je pense personnellement qu'un retournement de la situation militaire en même temps qu'il relèverait le moral du peuple français, assez bas depuis les derniers échecs subis par les alliés amènerait le Maréchal à reconsidérer la politique française et à exiger le départ de LAVAL.

Il serait alors fortement à craindre qu'une intervention brutale des allemands ne se produise qui tende à imposer un gouvernement à leur dévotion et qui pourrait être présidé par Doriot.

 

 

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Archives Nationales [AN]   F7 14888 (tracts 1943)

La voix de la France, 1943 resistance tract of communist inspiration, addressed to civil servants,  police officers and gendarmes

(....) Nous croyons nécessaire de résumer le dernier 'appel aux fonctionnaires, policiers et gendarmes', prononcé par Fernand Grenier au nom du Comité Français de la Libération. 
A ces 3 catégories de citoyens dont le rôle est présentement très grand, Fernand Grenier rappela les différents textes de lois républicaines toujours en vigueur, ces textes dont Vichy ne parle jamais (...) sont en contradiction formelle avec les ordres qui leur sont donnés. Sachez, leur dit-il, qu'ils dénoncent au pays les hommes de Vichy comme des traîtres parjures auxquels non seulement nul ne doit obéir, mais au contraire auxquels tout Français doit se faire un devoir de désobéir. 

Il insista plus particulièrement sur le texte de la loi internationale traitant de l'emploi forcé de la main d'oeuvre civile, et sur ce point précis démontra aux fonctionnaires, policiers et gendarmes, que les ordres que Vichy leur transmettait les faisaient complices de la plus monstrueuse des traîtrises qui se puissent commettre envers son pays!  (...)

Ceci bien établi, Fernand Grenier, au nom du CFL a tenu à mettre ces citoyens en face de leurs lourdes responsabilités. Prévenant l'excuse que pourraient invoquer certains d'entre eux: 'j'àbéis aux ordres', il leur dit: 'Et si ces ordres étaient de tuer vos mères, que ferez-vous?'  (...) Vous devez donc désobéir intelligemment aux ordres (...)

On a constaté avec satisfaction que le jour du 14 juillet, le peuple du grand Paris a pu célébrer cette journée avec toute la ferveur patriotique dont il est capable et sous l'oeil bienveillant de la police qui; en de nombreux cas, se rangea franchement du côté des manifestants. 

 

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Archives Nationales [AN] 3W 268 [doc 89]

Le Secrétaire Général au Maintien de l' Ordre, signé Darnand

Note du 4/6/44

A la suite d'une enquête très approfondie dont les résultats m'ont révélé de façon indiscutable leur culpabilité, j'ai été amené à décider l'arrestation de certains Hauts Fonctionnaires de la Police.

Ces fonctionnaires n'avaient pas seulement commis des fautes professionelles graves. Ils avaient travaillé et continuaient à travailler sciemment contre les intérêts supérieurs du Gouvernement et de la Patrie.

Leur faute est d'autant moins excusable que, de par leurs fonctions, ils étaient à même de connaître de nombreux rouages de la vie du pays et d'exercer une pression sur leurs subordonnés afin de les amener à trahir, eux aussi, leur devoir.

Ces arrestations ont cependant créé un certain malaise à tous les échelons des fonctionnaires de la Police. Des inquiètudes se manifestent. Beaucoup craignent de se voir reprocher, soit des fautes qu'ils n'ont pas commises, soit des erreurs passagères, soit des actes qu'ils n'ont exécutés que sur ordre.

Je tiens donc à préciser mes intentions afin de couper court à toutes les interprétations erronées ou tendancieuses que l'on ne saurait manquer, dans un but facile à comprendre, de donnner à mes décisions.

Je le répète: ceux qui, au lieu de donner l'exemple, ainsi qu'ils en avaient l'obligation, ont essayé d'entraîner leurs subordonnés à commettre des fautes graves, seront sévèrement punis. Mais que les autres se rassurent. Je n'ai pas l'intention d'épulcher les dossiers de tous les fonctionnaires de la Police, d'y relever et sanctionner toutes les fautes si minimes soient-elles et de me montrer impitoyable envers toutes les erreurs passées, ou envers les fonctionnaires qui n'ont fait qu'obéir aux ordres de chefs indignes.

Ceux qui remplissent et rempliront loyalement leurs fonctions sans aucune arrière pensée et sans restriction mentale n'ont rien à craindre; qu'ils continuent à exercer fidèlmement leur tâche. Je saurai les défendre contre toutes les attaques et apprécier avec justice leurs efforts sincères dans des fonctions et à une heure partifculièrement difficile.

 

 

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Percentage of Uniformed Police officers (Police Urbaine) given over to guard duty, September 1943

With the French police seen increasingly as unreliable by the Germans much of its personnel was relegated to static guard duties from the Summer of 1943, causing the Germans to intervene directly in increasing numbers. The percentage differed from one town to the next. These static guard duties (of public buildings and buildings occupied by the Germans) were a form of 'soft' collaboration. They freed up German soldiers to do other duties, such as chasing the Resistance. 

Source: Archives Nationales (AN) F7 14907, P.N. CAB A N° 1304/3, 21/9/43

 

 

CITY

PERCENTAGE ABSORBED

Chateauroux

100%

Marseille

100%

Lille

75%

Roanne

70%

Avignon

60%

Paris

52,5%

Rouen

50%

Vichy

45%

Arles

40%

Perigueux

40%

Perpignan

40%

Clermont

35%

Limoges

35%

Lyon

35%

Béziers

30%

Cannes

30%

Montpellier

30%

Nancy

30%

Nîmes

30%

Toulon

30%

Bordeaux

25%

Grenoble

25%

Nantes

25%

Nice

25%

Pau

25%

Reims

20%

St Etienne

20%

Le Havre

15%

Roubaix

15%

Toulouse

10%

 

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POLICE MEMORY

Robert Mattei, Commissaire de la Section des Affaires Politiques, Marseille

Extract from his memoirs Robert Mattei, Le Florentin, Simoën, Paris, 1979, pp 18-19

Background: Mattei explains his motivations for entering the Police in 1942 which appear curiously to overlook the role played by the police with regard to the Germans. The general trend in his memoirs is to play down political questions. Given his position in the Section des Affaires Politiques (SAP) the desire to do so is unsurprising. However, it should be noted that in this capacity he was not considered particularly zealous. Indeed in August 1943 he was one of those members of the SAP in Marseille who protested most vocally against the handing over of the communist Jacques Cassone to the Germans. This was the first official application of the Bousquet-Oberg agreements in the Southern zone. Cassone had been arrested by the Marseille police in March and was handed over on the orders of Bousquet in the Summer of 1943- this  in spite of the protests of the French Armistice Commission who claimed that Cassone's failed sabotage of a railway line was directed against the French railway line and not against the German convoy due to pass a few minutes later. The handing-over  of Cassone led to the  resignation of Commissaire Elie Tudesq, who was shot and seriously wounded by the Germans a week later. At the time Mattei refused to carry out an investigation of anarchist activity in Marseille until he was given a written assurance from the Intendant de Police Robert Andrieu that in no circumstances these individuals would be handed over. Curiously Mattei does not mention this incident in his memoirs. 

J'avais fait mes débuts dans la police un peu par hasard. Je suis né en 1916, d'un père capitaine au long cours qui mourut alors que j'atteignais ma dixième année. Ma mère nous éleva, ma soeur et moi, sur une pension étriquée. Notre enfance, pourtant, fut heureuse. Après des études sans histoire au Lycée de Toulon, je quittai Bandol où nous habitions, pour Aix-en-Provence où je passai une licence en droit. Puis, plutôt que d'entreprendre immédiatement le doctorat, je fis mon service militaire. Aimant les chevaux, j'avais choisi Saumur. En fait, je ne suis pas retourné à la Faculté. La guerre s'est enchaînée sur le service. Démobilisé, je retourne à Bandol, chez ma mère et me marie. Il faut donc que je songe à gagner ma vie et celle de ma jeune femme qui, bientôt, attend un bébé. 

Appuis et relations me permettent tout juste de décrocher... une place de rédacteur auxiliaire à la Préfecture de Marseille. Salaire mensuel: 980 francs. Avec cela, en 1942, on n'arrive même pas à manger à sa faim. 

Un vieux collègue corse m'a pris sous sa protection. C'est lui qui me suggère d'entrer dans la police: 

-Avec ta licence, dit-il, tu es nommé directement commissaire et tu gagneras tout de suite dans les 3000 francs.

Je rédige une demande. Trois mois passent. J'ai perdu tout espoir quand je reçois une convocation. 

Certains, aujourd'hui, jugeront surprenant, voire scandaleux, qu'à cette époque, dans les circonstances que l'on sait, un jeune homme ait pu entrer dans la police. Ceux qui n'ont pas vécu les années de l'occupation s'en font une image parfaitement nette, comme tranchée au couteau entre le bien et le mal, telle qu'elle a été établie par des récits postérieurs au mois de septembre 1944. 

Le vrai c'est que personne, alors, en France, un quarteron de nostalgiques de l'Ordre nouveau mis à part, n'aimait l'occupant. Tout le monde avait de bonnes raisons à cela: dans chaque famille, il y avait au moins un prisonnier; les restrictions étaient durement ressenties. Enfin, l'amour-propre de chacun était blessé par la défaite. Mais ce n'est que plus tard, et peut-être pour beaucoup seulement après coup, que s'est forgé ce qu'on a appelé par la suite un sentiment de conscience politique. Que l'on aimât ou non le pouvoir en place, quelque jugement que l'on portât sur la position, les positions successives en fait, du gouvernement de Vichy à l'égard des Allemands, nul ne contestait la nécessité de 'faire avec'. 

 

 

 

 

HISTORIANS' INTERPRETATIONS

 

John F SWEETS on Anti-Communist repression, 1939-41

(extract from John F SWEETS, Choices in Vichy France, OUP, 1994, pp 109-110- first published 1986)

 

According to a French police report, between September 1939 and 31 January 1941 in the unoccupied zone alone, 21 152 searches had been carried out, 8872 persons had been arrested, and 4014 interned in camps for communist activities. A later report following the Allied invasion of North Africa, alerting police to the danger of their possible return to metropolitan France, listed over 400 French communists who had been deported to work camps in North Africa. The British Foreign Office research department noted that as of May 1941 Vichy officials claimed 30 000 communists were imprisoned (18 000 in the north and 12 000 in camps in the south). These figures must be accepted with some caution because of the looseness with which the term Communist was used by Vichy officials. Those suspected of communist activities, upon investigation, frequently turned out to be socialists, Pivertists, or even Radical Socialists whose real 'crime' had been active support for the Popular Front. And, of course, the Germans, but also Vichy spokesmen, often used terrorist and communist as interchangeable terms, possibly because non-communist gaullist resisters might be viewed more sympathetically by the public as patriots. Despite any possible misconstruction of the statistics (both at the time and after the war for other purposes) about the repression of the French communist party, what is certain beyond any question is that the communists were in theory and in practice considered to be the chief opponents of the Vichy regime. They were therefore singled out as political enemies for persecution whose severity was matched only by Vichy's treatment of the Jews. Moreover, the shrill anticommunism of many of Vichy's leaders more frequently found willing accomplices at the local level than was true for its anti-Semitism. 

 

 

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Jean-Marc Berlière on the police and anti-semitic policies

Jean-Marc Berlière & Laurent Chabrun, Les policiers français sous l'occupation: d'après les archives inédites de l'épuration, Perrin, Paris, 2001, pp 48-49

 

Quant à la répression antisémite-celle qui choque le plus aujourd'hui-, elle avait été menée soit au nom des ordonnances allemandes que la police et l'administration françaises- armistice oblige- étaient tenues de faire appliquer, soit au nom d'une législation autochtone française- les deux 'lois portant statut des juifs' de l'automne 1940 et du printemps 1941- dont la 'monstruosité juridique', pourtant bien réelle, ne suscita guère, au moins jusqu'à l'été 1942, d'émotion ni de protestations dans le pays. D'éminents juristes comme Maurice Duverger ou Georges Burdeau enseignaient le droit antisémite dans les facultés de droit et commentaient en professionnels du 'droit positif' dans les revues spécialisées. Le Conseil d'Etat l'appliqua de son côté sans état d'âme ni scrupules excessifs.  Une figure de la IIIe République comme Jean Jeanneney écrit alors dans son Journal qu'on devait obéir à la législation antisémite parce que c'était la loi. Le chantre de la responsabilité et de l'engagement lui-même, Jean-Paul Sartre, qui devait donner tant de leçons aux autres, acceptait- apparemment sans problème de conscience- la chaire de philosophie de la khâgne du lycée Condorcet dont le titulaire venait d'être révoqué au nom des lois antisémites de Vichy. 

Que pouvait faire, dans un tel contexte, l'immense majorité des policiers? On ne se posa guère la question à la Libération: l'ambiance ne portait ni à l'indulgence ni à la recherche d' 'excuses absolutoires'. 

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Julian Jackson on Police loyalty and disaffection

Julian Jackson, France: The Dark Years, 1940-44, OUP, Oxford, 2001, pp 261-262

At least until the end of 1942, the regime was served loyally  by the police. Vichy's anti-communism and hostility to foreigners struck a chord with the police. They had already been arresting Communists in the last stages of the Third Republic, and in this respect Vichy at first represented no major change. If the police were discontented under Vichy, it was for practical rather than political reasons. Even before the imposition of STO and the growth of resistance in 1943, workloads had increased significantly. Policing the black-market was a full-time job in itself. Wading through sacks of letters of denunciation was as dispiriting as it was time-consuming. These letters had to be followed up, but the accusations mostly turned out to be groundless. The police liked this job all the less because the letters often denounced them as Freemasons or Communists. 

To cope with their new burdens, the police benefited from no increase in resources. A police chief in Clermont complained that his men lacked whistles, truncheons, handcuffs, new uniforms and even proper shoes. The police were also short-staffed. Many policemen were in prisoner of war camps, and it was difficult to attract replacements. A recruitment campaign with the slogan 'police nationale, Révolution nationale' was such a failure that in November 1941 Darlan ordered the words 'national Revolution' be erased from the posters. The idea that the police was being offered a more political role than under the Republic clearly discouraged potential recruits. 

Nor did the police appreciate the creation of the new supplementary police forces. They resented the GMR because it was better paid, and they considered the anti-Jewish police to be a nuisance. Because these anti-Jewish police were only authorized to gather information on infractions of the law and recommend action to the police, they were constantly sending them on what turned out to be wild goose chases. In 1942, the police started to become demoralized, and became nostalgic for the Republic when working conditions had been better. At a demonstration organized by the Resistance in Marseilles on 14 July 1942, police tolerance of the demonstrators was flagrant enough to arouse the fury of collaborationists, and win praise on the BBC. This was a warning to the regime that the police might not be counted on indefinitely. Nonetheless before 1943 the degree of police disaffection must not be exaggerated. 

 

Reviews and comments on Julian Jackson, France, the Dark Years

http://www.dir-info.de/nachrichten/infolinks/01/07/0107272c591451.htm

http://www.tiscali.co.uk/news/telegraph/2001/08/05/review/national_42.html

http://www.ring-gegen-rechts-und-rassismus.de/Aktuell/07_2001/26_27.htm

 

 

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Robert Zaretsky on the Police 

(extract from R.ZARETSKY, Nîmes at war, Penn State UP, 1995, pp 210-211

'Execute one's duties conscientiously': a phrase bathed in ambiguity. Did it mean that the police arrested only those Jews who, figuratively speaking, turned up on their front doorstep? Or that the police actively collaborated in the Nazi hunt for those Jews who had gone into hiding? Given the paucity of documentation, it is impossible to say. Two observations are, however, essential. First, we must not forget that, though the lot of the police was difficult and grueling, it was a profession that was often called upon to accomplish morally indefensible actions. The repression of the resistance, the round-up of Jews, the harassment and surveillance of those critical of the regime- such labor was dishonest and unworthy of our sympathy. Tout comprendre, c'est tout pardonner is a pitfall the historian must avoid. 

Yet we have seen numerous instances where the gendarmerie, in particular, carried out their duties in desultory, sullen and resistant ways. This tendency became even more marked during the closing months of the war, when there appeared numerous reports and sporadic letters critical of the laxity shown by the forces of order, taxed for their impotence or unwillingness to break the reign of terror. In early 1944, for example, the Prefect complained about the 'absolute incompetence' shown by a brigade of gardes mobiles stationed in Pont St Esprit, who had not uncovered the 'slightest piece of interesting evidence' following the assassination of two prominent local collaborationists. Similarly, the accounts of refugees and resisters from this period occasionally refer to local police officials who, either through sympathy or sheer prudence, turned a blind eye or actively participated in the activities of the Resistance. 

 

 

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BIBLIOGRAPHIES

 

BIBLIOGRAPHY ON 'FORCES OF ORDER' & POLICING IN EUROPE (1936-1945)

Below you will find a broad bibliography of questions related to this topic, drawn from texts regularly cited with regard to this subject. It is by no means exhaustive. But it is hoped that those who access this page will co-operate in building on this information. If you know of any other works on subjects related to these themes, please let me know at S.K.Kitson@bham.ac.uk, so that I can update the list. Similarly if you notice any errors in the list below, please let me know.  When addressing titles to me it would be easier if you respected the format adopted here (ie Author's family name/ Author's Christian name/Title (in italics)/ Name of publisher/ Place of publication/Date of publication). Thanks for any help you can give. I should like to thank Fabien Jobard for his help with this section. 
 

 

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MAZOWER (Mark), "Military violence & National Socialist values: Wehrmacht in Greece, 1941-44", Past & Present, n° 134, February 1992, pp 129-159.

MONZIE (Anatole de), La saison des juges, Flammarion, Paris, 1943.

NAVARRE (Henri), Le Service de Renseignements, 1871-1944, Plon, Paris, 1978.

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ROLLAND (B.) & REYBIER (H.) [Inspectrices sociales de la Police], La Police féminine, son rôle dans la lutte contre le proxénétisme et la prostitution (vers un nouveau régime de moeurs), Cartel d'action morale et sociale, Paris, 1947.

ROUSSO (Henry) & PESCHANSKI (Denis), "Dans sa défense, Bousquet falsifie-t-il l'histoire?", Libération, supplement: "le dossier Bousquet", 13/7/93, p 46.

RUSINEK, Bernd, "Unsicherheit durch die Organe der Sicherheit. Gestapo, Kriminalpolizei und Hilfspolizei im Dritten Reich" in REINKE, Herbert (dir.), Nur für die Sicherheit da?... Zur Geschichte der Polizei im 19. und 20. Jahrhundert. Campus, Francfort, 1993

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SICOT (Marcel), Servitude et grandeur policières. Quarante ans à la Sûreté, NEL, Paris, 1958.

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THALMANN (Rita), La mise au pas. Idéologie et stratégie sécuritaire dans la France occupée, Fayard, Paris, 1991.

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[contains some information about the Parisian police during the occupation]

TWEED (James), Police Resistance in Paris, unpublished dissertation, Anglia University, 1994.

VAN DOORSLAER (Rudi), "La police belge et le maintien de l'ordre en Belgique occupée", in VAN OUTRIVE (Lode), CARTUYVELS (Yves) & PONSAERS (Paul), Les polices en Belgique, histoire socio-politique du système policier de 1794 à nos jours, Ed Vie Ouvrière, Brussels, 1991, pp 123-141.

VAUGON (Bernard), "La Préfecture de Police de Paris pendant l'occupation allemande", Administration, n° 144, 1989, pp 143-145.

VOGEL (Marie-Thérèse), "La Police des villes entre local et national: l'administration des Polices urbaines sous la IIIè République", thèse de Doctorat, Université Pierre Mendès-France, 1993.

WEBSTER (Paul), "Crimes that speak in the silence", The Guardian, 17/7/92, p 23.

WEBSTER (Paul), "Spring wind that blew in shame", The Guardian, 26/3/88, p 19.

WEINBERGER (Barbara), The effect of the Second World War on the organisation and operation of the police in England and Wales, Unpublished paper prepared for the 21st colloquium of the International Association of the History of Crime and Criminal Justice, Paris, 3-5 June 1993.
 
 
 

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BIBLIOGRAPHY ON POLICING, REPRESSION AND CRIMINALITY IN MARSEILLE FROM THE POPULAR FRONT TO THE LIBERATION

Below you will find a broad bibliography of questions related to this topic, drawn from texts regularly cited with regard to this subject. It is by no means exhaustive. But it is hoped that those who access this page will co-operate in building on this information. If you know of any other works on subjects related to these themes, please let me know at S.K.Kitson@bham.ac.uk, so that I can update the list. Similarly if you notice any errors in the list below, please let me know.  When addressing titles to me it would be easier if you respected the format adopted here (ie Author's family name/ Author's Christian name/Title (in italics)/ Name of publisher/ Place of publication/Date of publication). Thanks for any help you can give. 
 

AGULHON (Maurice) & BARRAT (Fernand),CRS à Marseille, 1944-1947, Armand Colin-Presses de la Fondation des Sciences Politiques, Paris, 1971.

AGULHON (Maurice) & BARRAT (Fernand), "Au dossier des 'CRS à Marseille'", Mouvement Social, vol.92, 1975, pp.75-91.

AZIZ (Philippe), Au service de l'ennemi. La Gestapo française en province, 1940-44, Fayard,, Paris, 1972.

BENAZECH (Yves), "Le 17 août 1944 le combat de Marssac", Revue du Tarn, n°134, 1989, pp 297-309.
[concerns GMR Mistral]

BERGES (Michel), "Corporatisme et construction de l'Etat, le champ policier (1852-1940)", thèse (Science Politique), Université de Toulouse, 1994.

BERNERT, (Philippe), Roger Wybot et la bataille pour la DST, Presses de la Cité, Paris, 1975.

DELARUE (Jacques), "La Gestapo travaille à Marseille", Historia, November 1962, pp 737-741.

FONTAINE (André), Le camp d'étrangers des Milles, 1939-43, Edisud, Aix-en-Provence, 1989.

GELLATELY (Robert), "Die Gestapo und die öffentliche Sicherheit une Ordung" in REINKE, Herbert (dir.), Nur für die Sicherheit da?...Zur Gescichte der Polizei im 19. une 20. Jahrhundert., Campus, Francfort, 1993

GONDRET (Louis), Le livre d'or de la défense passive de la ville de Marseille de 1939 à 1945, Marseille, 1956.

KITSON (Simon),"The Marseille police in their context, from Popular Front to Liberation", D  phil (supervised by Roderick KEDWARD), Sussex University, 1995. 

KITSON (Simon), "La reconstitution de la Police à Marseille (août 1944-février 1945)", Provence Historique, n° 178, October 1994, pp 497-509.

KITSON (Simon), "Rehabilitation and frustration: the experience of Marseille police officers at the Liberation", Journal of Contemporary History, Vol 33, N° 4, October 1998.

KITSON (Simon),"The police and the deportation of Jews from the Bouches-du-Rhône in August and September 1942", Modern and Contemporary France, Vol 5, N° 3, August 1997. 

KITSON (Simon), "Rehabilitation and frustration: the experience of Marseille police officers at the Liberation", Journal of Contemporary History, Vol 33, N° 4, October 1998. 

MATTEI (Robert), Le Florentin, J-C Siméon, Paris, 1979.

MICHEL (Damien), Un flic se met à table, La Pensée Universelle, Paris, 1991.

PAILLOLE (Paul), Services Spéciaux, 1939-1945, R.Laffont, Paris, 1975.

SACCOMANO (Eugène), Bandits à Marseille, Julliard, Paris, 1968.

VINCENTELLI (Michel), Aux prises avec la Gestapo de Marseille. Les Paragraphes Littéraires de Paris, Paris, 1967.
 
 

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BIBLIOGRAPHY ON ESPIONAGE &COUNTER-ESPIONAGE IN FRANCE DURING THE SECOND WORLD WAR

Below you will find a broad bibliography of questions related to this topic. It is by no means exhaustive. But it is hoped that those who access this page will co-operate in building on this information. If you know of any other works on subjects related to these themes, please let me know at S.K.Kitson@bham.ac.uk, so that I can update the list. Similarly if you notice any errors in the list below, please let me know.  When addressing titles to me it would be easier if you respected the format adopted here (ie Author's family name/ Author's Christian name/Title (in italics)/ Name of publisher/ Place of publication/Date of publication). Thanks for any help you can give.

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Memoirs (in chronological order of publication):

NORD, Pierre, Mes camarades sont morts, de Crémille, Geneva, 1970, 3 Vol (originally published 1947-1949);

NORD, Pierre, Cas de conscience de l’agent secret, Fleurus, Paris, 1960;

ABTEY, Jacques &  UNTERBERG-GIBHARDT, Fritz, 2e Bureau contre Abwehr, La Table Ronde, Paris, 1966;

GARDER, Michel, La guerre secrète des Services Spéciaux français, 1935-1945, Plon, Paris, 1967;

REILE, Oscar, L’Abwehr: le contre-espionnage allemand en France de 1935 à 1945, France-Empire, Paris, 1970

LOISEL, Dominique, J’étais le Commandant X, souvenirs d’un agent secret, Fayard, Paris, 1970;

GILBERT-GUILLAUME, Mes missions face à l’Abwehr (contre-espionnage 1938-1945), Plon, Paris, 1971;

PASQUELOT, Maurice, Les dossiers secrets de la Marine, Londres-Vichy, 1940-44, NEL, Paris, 1973;

PAILLOLE, Paul, Services spéciaux, 1935-1945, Laffont, Paris, 1975;

BERNERT, Philippe, Roger Wybot et la bataille pour la DST, Presses de la Cité, Paris, 1975;

KOCH-KENT, Henri, Doudot, figure légendaire du CE français, Casterman, Paris, 1976;

TERRES, Robert, Double jeu pour la France, 1939-1944, Grasset, Paris, 1977;

NAVARRE, Henri,  Le service de renseignements, 1871-1944, Plon, Paris, 1978;

NAVARRE, Henri, Le temps des vérités, Plon, Paris, 1979;

BEZY, Jean, Le SR Air, Editions France Empire, Paris, 1979;

VITTORI, Jean-Pierre, Une histoire d’honneur: la Résistance, Ramsay, Paris, 1984 (chapter 6, pages 83-96, contains an interview with Paul PAILLOLE);

PAILLOLE, Paul, L’homme des Services Secrets (entretiens avec Alain-Gilles MINELLA), Julliard, Paris,  1995.

Secondary sources:

AUSTIN, Roger, ‘Surveillance and intelligence under the Vichy regime: the Service du Contrôle Technique, 1939-1945’, Intelligence & National Security, Vol 1, N° 1, 1986,  pp 123-137

PORCH, Douglas, The French Secret Services, from the Dreyfus affair to the Gulf war, OUP, Oxford, 1997.

STEAD, Philip John, Second Bureau, Evans Brothers, London, 1959;

THOMAS, Martin- 'The Massingham Mission: SOE in French North Africa,1941-1944', Intelligence & National Security, 11:4 (1996), 696-721.

THOMAS, Martin-'Intelligence in Defeat: the Vichy French Intelligence Service, 1940-44', Intelligence & National Security, 14:1 (1999).

 

 

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